QCALVIEW au-delà de la photo : annoter un trajet à partir de vues Panoramax

QCALVIEW a d’abord été développé pour projeter des données géographiques sur une photographie depuis un point de vue connu au sein même de QGIS. Pas avec un nouveau service web ou quelque autre interface.
Mais rien n’oblige à considérer chaque photographie isolément.

J’ai testé une autre façon de s’en servir : partir d’une séquence de vues géolocalisées disponibles sur Panoramax, les ouvrir successivement dans QCALVIEW , les caler une par une en cas de données de positionnement insufffisantes et y projeter les mêmes données SIG .

Le résultat est assez simple, mais il ouvre un cas d’usage intéressant : illustrer la perception d’un objet géographique, voire d’un projet, au cours d’un trajet.

[VIDÉO 1] : extraction d’une séquence photo d’un trajet en dashcam

Partir d’images qui existent déjà

Panoramax met à disposition des photographies géolocalisées, classiques ou à 360°, organisées notamment sous forme de séquences.
Les images sont accessibles et réutilisables dans le cadre défini par chaque instance.

Le principe est ensuite assez direct. Il faut extraire les vues correspondant à la portion du parcours qui nous intéresse, récupérer leurs positions et les informations disponibles sur la prise de vue, puis constituer une couche de points de vue utilisable par QCALVIEW.

Chaque panorama devient alors un point d’observation.

QCALVIEW peut y projeter les mêmes données que sur une photographie individuelle : objets ponctuels, lignes, polygones, extrusions ou représentations plus élaborées. En passant successivement d’un point de vue au suivant, on obtient une lecture du projet au fil du déplacement.

Il ne s’agit pas de reconstruire une scène 3D complète. Les objets restent issus du SIG et sont recalculés depuis la position de chaque observateur.

Voir un projet comme on le découvre réellement

Pour certains sujets, une photographie fixe ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Depuis une route, un projet peut apparaître progressivement, disparaître derrière un masque, se rapprocher, changer d’échelle apparente puis sortir du champ de perception. Une succession de points de vue permet de montrer cette évolution beaucoup plus naturellement qu’une série de photomontages présentés séparément.

[VIDÉO 2]

C’est particulièrement évident avec des vues à 360°, correctement « lues » ou reprojetées : on conserve une grande liberté de lecture de l’environnement tout en restant sur des images réelles prises depuis le terrain.

Le rendu de cette video peut sembler plus rudimentaire qu’une reconstruction photoréaliste complète, un environnement 3D temps réel ou certaines techniques récentes de reconstruction, mais ce n’est pas forcément un problème, dans la mesure ou cet outil permet de définir un travail en amont.

L’objectif est en effet ici différent : obtenir rapidement une représentation fonctionnelle, géographiquement cohérente et suffisamment claire pour comprendre une situation.

Dans beaucoup de cas, c’est déjà beaucoup.

Une autre manière d’exploiter les ressources ouvertes disponibles

L’intérêt de ce test tient aussi à sa chaîne de travail :

Les photographies existent déjà, les données du projet existent dans le SIG ; QCALVIEW sert à établir le lien entre les deux.

Il n’est donc pas nécessaire de reconstruire systématiquement tout l’environnement ni de mettre en place une infrastructure de visualisation complexe pour commencer à étudier un parcours.

La qualité du résultat dépend naturellement des informations disponibles avec les photographies : une position géographique est indispensable et une orientation précise de la caméra améliore fortement le calage.
Certaines séquences fournissent davantage de métadonnées que d’autres et des ajustements peuvent encore être nécessaires.

C’est justement l’un des sujets que j’explore actuellement avec QCALVIEW : déterminer jusqu’où des sources d’images existantes peuvent être exploitées directement dans un environnement QGIS.

Panoramax est particulièrement intéressant pour ce type d’expérimentation parce qu’il constitue une ressource ouverte de photographies de terrain et propose des mécanismes permettant de parcourir et réutiliser les vues d’une séquence.

Et après ?

Le même principe ne se limite pas à Panoramax.

D’autres services proposent également des photographies géolocalisées ou des séquences de vues, comme Mapillary ou Google Street View.
Leur accès, leurs métadonnées et leurs conditions de réutilisation sont différents et ne sont pas traités ici ( car les conditions d’usage en sont différentes ).

L’idée reste néanmoins la même : une photographie géolocalisée est un support d’analyse SIG.

Ces essais simples montrent cependant qu’une succession de panoramas peut déjà servir à illustrer un trajet, à observer l’évolution d’une visibilité ou à présenter un projet depuis une série de positions réelles.

C’est aussi l’objectif de QCALVIEW : utiliser des outils accessibles ( sans licence ) lorsque cela suffit, garder la géographie au centre du processus et produire quelque chose d’exploitable avant de chercher à produire quelque chose de spectaculaire.